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Je vous laisse lire cette réflexion que je partage pleinement puisque j'ai sur le blog de "Quel avenir pour Grimaud..." 74 828 pages vues depuis sa création pour 41 commentaires sur les 805 notes publiées.
Abonné également à Médiapart dans un souci d'éclectisme intellectuel concernant l'information au niveau de la presse, j'y adhère donc pleinement.
 
"mercredi 13 mai 2015
Grimagora a un an : 37 articles publiés, 8280 pages vues.
Mais seulement 21 commentaires.
Afin d’inviter les lecteurs de ce blog à s’exprimer,
Extraits d’un article publié par Chantal Evano sur le forum de Médiapart.
Motus vivendi : le mutisme des citoyens
Un signe majeur de l’absence de démocratie, la marque évidente d’un régime oppressif, c’est l’imposition du mutisme au plus grand nombre. La parole est confisquée par des professionnels qui en ont l’apanage de par leur statut social et leur formation. Ils font métier de penser à la place des autres, de dévaloriser les savoirs et la créativité du monde commun.
Je ne vais pas insister sur les mille formes que prend cette tyrannie ni décrire comment les institutions se chargent de remettre les gens à leur place assignée : humiliation, conditionnement, mystification,... Personne n’aura à chercher loin pour trouver trace des langues coupées ou pour identifier ceux qui sont seuls autorisés à avoir un avis sur tout. Les dominants ne perdent jamais de vue un enjeu majeur pour eux: persuader les gens à dominer qu’ils ne peuvent rien, qu’on n’attend rien d’eux que la résignation, ou l’adhésion, et qu’ils n’ont surtout pas à explorer le monde par leurs propres moyens.(…)
Refuser la logique inégalitaire
C’est à nous tous de veiller à sortir de la logique inégalitaire qui veut qu’une minorité « éclairée » guide une masse ignorante.
Il ne s’agit nullement de considérer que tout se vaut. Dans tous les domaines, la qualité, la validité de la pensée et de la pratique nécessitent un apprentissage, une élaboration, une assimilation. L’élite bureaucratique se reconnaît à son inculture, à son emploi de jargons, à son ignorance délibérée des conséquences de ses préconisations sur la vie réelle, à sa servilité vis-à-vis des puissants. (…)
Pour traiter un problème, pour avancer sur un chantier, on a intérêt à écouter la personne expérimentée plutôt que celle qui n’y connaît rien ou qui tâtonne dans les débuts. Mais cela ne confère nullement à la personne expérimentée le statut d’oracle dans tous les domaines. Cela n’enlève nullement à l’ignorant du moment le droit d’être reconnu comme compétent dans d’autres circonstances. Ni celui de douter, de contester, d’indiquer des failles ou des pistes jusque-là inaperçues. Reconnaître les inégalités de savoirs et de compétences dans une situation donnée n’autorise aucune généralisation.
L’imposture, c’est quand on construit une hiérarchie sociale sur la confiscation du pouvoir de penser, qui appartient à tous. Certains moyens ont été longuement éprouvés :
- Organiser la compétition plutôt que la coopération : découper les domaines selon des institutions et des disciplines étanches, hiérarchiser les savoirs et les métiers, rétribuer inégalitairement...
- Relier l’ensemble des activités à une machine bureaucratique qui assure la pérennité du pouvoir.
- Réserver à une élite de pouvoir le contrôle des décisions et de la mise en œuvre, sous le sceau du secret.
- Exclure l’ensemble des citoyens de l’espace politique et les renvoyer à la sphère privée.
Le droit et le devoir de penser par soi-même
 L’histoire et l’actualité nous donnent d’innombrables raisons de ne pas céder notre droit de penser. Les citoyens ne peuvent en aucune manière s’en remettre aux « experts », qui n’ont de comptes à rendre qu’à leurs maîtres.
(….) Les citoyens doivent donc exercer le droit inaliénable de penser et de parler, qui appartient à tous et à n’importe qui. Lors des débats, ils apprennent collectivement à connaître les dossiers, à décrypter les enjeux, à comprendre les aspects techniques, à connaître les protagonistes, à évaluer les impacts sur la vie de tous et de chacun. Cet apprentissage nécessite les apports d’experts dans les domaines en cause, lanceurs d’alerte, professionnels en désaccord avec les orientations de la machine bureaucratique, savants engagés dans les causes communes, juristes. Apports confrontés à l’expérience de l’ensemble des participants, apports questionnés, discutés, intégrés dans la construction commune du rapport à la réalité et à l’imaginaire.
 Un moment politique d’émancipation
 (…) Paradoxalement, le déploiement de la querelle, l’expression du conflit, nécessitent la bienveillance – ou au moins la tolérance -  entre interlocuteurs. Il faut que chacun puisse se risquer en confiance dans un espace de liberté sous la sauvegarde de tous.
 (….) Chacun est libre de décider s’il pense avoir quelque chose à dire sur le sujet ou s’il préfère observer et se taire. Rédiger un article suppose d’assumer la discussion avec l’ensemble des commentateurs. Rédiger un commentaire  permet un engagement plus spontané et épisodique, des apartés et des ajustements entre particuliers tout comme l’ouverture de nouvelles perspectives d’ensemble. L’initiative de proposer un article ou de rédiger un commentaire appartient à chacun.
Ce n’est pas seulement le statut surplombant des experts dont il faut se garder. Tout aussi capables de couper la parole sont ceux qui pratiquent la moquerie, l’attaque personnelle, le chahut organisé.(…) Le climat de confiance, nous en sommes tous responsables.
Un travail créatif, œuvre commune.
 Il s’agit de coopérer pour renouveler l’approche des questions en cours, grâce à un échange de points de vue depuis des observatoires distincts, depuis des points de vue décalés, depuis des expériences hétérogènes. Le doute, l’incertitude font partie intégrante du processus. Il s’agit de sortir des idées déjà là pour les examiner, quitte à les confirmer si elles résistent à l’épreuve. L’humour veille à déconcerter les certitudes, à déceler les connivences (pas à détruire l’interlocuteur). Les convaincus acceptent  de devoir justifier ce qu’ils énoncent.
Pourquoi insister sur ces évidences ? C’est que l’expérience m’a appris que l’on est vite traité en ennemi dès que l’on soulève des lièvres.
Or le but ici n’est pas de se mettre d’accord, il est d’élargir la conscience des alternatives.(…)
Chantal Evano
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Publié par à mardi, mai 13, 2015 Aucun commentaire:  Cliquez sur....... "aucun commentaire" pour aboutir